MAURICE BARRÈS
de l'Académie Française
DANS LE CLOAQUE
NOTES
d'un membre de la Commission d'enquête
sur l'affaire Rochette
PARIS
ÉMILE-PAUL FRÈRES, ÉDITEURS
100, RUE DU FAUBOURG-SAINT-HONORÉ, 100
PLACE BEAUVAU
1914
JUSTIFICATION DU TIRAGE
2.173
A MM. les Électeurs
du Premier Arrondissement de Paris
Hommage et Remerciements
de
leur Député et Ami
Maurice BARRÈS.
7 Avril 1914.
On se rappelle les faits.
Le Figaro menait une violente campagnecontre M. Caillaux, ministre des finances, etsa politique fiscale. Il l'accusait, notamment,d'avoir entravé le cours régulier de la justicepour servir l'escroc Rochette. Une notedu procureur général Fabre en faisait foi,disait-il.
Le 16 mars, Mme Caillaux vint aux bureauxdu Figaro et tua à coups de revolverle directeur du journal, Gaston Calmette.
L'émotion fut profonde, universelle, JulesDelahaye, à la Chambre, interpella les ministres. 2Qu'est-ce que cette note du procureurgénéral Fabre? Tous, par leur silence oupar leurs dénégations, Doumergue et Monisen tête, donnèrent à entendre à la Chambrequ'ils ne connaissaient rien de ce fait, ni decette pièce, et qu'on était en présence de purescalomnies. Mais Barthou, brusquement, monteà la tribune et livre à tous le document.
Ce document, le voici:
COUR D'APPEL DE PARIS
Procès-verbal-copie
Cabinet du procureur général
«J'ai été mandé par M. Monis, présidentdu Conseil. Il voulait me parler de l'affaireRochette. Il me dit que le gouvernementtenait à ce qu'elle ne vînt pas devant la courle 27 avril, date fixée depuis longtemps;qu'elle pouvait créer des embarras au ministredes Finances au moment où celui-ciavait déjà les affaires de liquidation des congrégationsreligieuses, celle du Crédit Foncier 3et autres du même genre. Le président duConseil me donna l'ordre d'obtenir du présidentde la chambre correctionnelle